Dolce Vita in Paris (Cliquer sur le nom pour ouvrir le pdf)
Archives de l’auteur : admin9013
Amour, délices et marketing – Enquête sur la jeunesse chinoise
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Rencontre – Guillaume Canet
Guillaume Canet (cliquer sur le nom pour ouvrir le pdf)
Jean Réno
Rencontre Jean Reno (cliquer sur le com pour ouvrir le pdf)
Portrait Tomer Sysley
Portrait Tomer Sysley (cliquer sur le nom pour ouvrir le pdf)
Musées imaginaires

Allez, allez… Contextualisons…
Petit clin d’oeil à Isabelle Charpentier mon ex-femme avec qui nous avons développé pendant nos quitte ans de vie commune quelques projets d’écriture et qui a publié de son côté plusieurs romans d’aventures jeunesse chez l’Harmattan.
Le collage est signé Jean Sauvy (mon cher père)
le concept
Souvent, le portrait d’une personne se fait par un travail d’introspection. Ici, nous faisons le choix contraire. La personnalité invitée nous fait découvrir son « Musée imaginaire » en racontant les œuvres peuplant son imaginaire et qui l’ont (consciemment ou non) inspiré ou aidé à vivre. Par un effet miroir, peu à peu, se dessine son portrait…
Le dispositif
Magazine tout en image de 26’. La personnalité et l’animateur déambulent dans un lieu culturel que l’invité aime particulièrement : Musée, théâtre, salle de spectacle, bibliothèque, etc.
Un circuit avec écrans tactiles permet de découvrir les œuvres et de s’immerger en elles. Retour sur le lieu principal après chaque séquence.
La structure éditoriale
Modulaire, la structure éditoriale s’adapte en fonction de l’invité. Selon ses goûts et ses désirs, celui-ci a la possibilité de co-crér certains modules figurant dans son Musée.
Exemples de modules récurrents
Rencontre
Avec une personnalité marquante sur son lieu de travail et de création.
Maîtres d’art
La personne évoque 3 sculptures, tableaux, photos, films.
Bibliothèque
La personne lit des extraits de ses livres cultes et les commente.
Musique de chambre
Extraits sonores ou audiovisuels et commentaires de l’invité.
Une Histoire, des histoires
Evénements, périodes historiques, peuples… A l’aide de photos, tableaux, films ou objets, l’invité explique comment l’histoire avec un grand H a marqué sa propre histoire.
Maîtres d’art (web-doc)

Note d’intention
« Artisans porteurs de valeurs fondamentales, les Maîtres d’art forment un lien essentiel entre notre présent, notre mémoire intime et collective, et les nouveaux horizons qui s’ouvrent à nous. Dans un siècle qui tend à l’uniformité et au zapping, dans un monde qui privilégie le jetable et l’industriel, les Maîtres d’Arts transmettent ce goût du rare et de l’effort, cet amour du geste et de ce temps long qui est celui de la véritable création ». (Renaud Donnedieu de Vabres, Ministre de la Culture et de la Communication)
Comment restituer la virtuosité du geste, l’intelligence de l’œil et de la main de ceux que l’on nomme les Maîtres d’Arts ? Comment faire partager et ressentir l’amour de leur métier et la passion qui les animent ? En allant humblement à leur rencontre pour apprendre à les connaître et partager un peu de leur quotidien.
L’ambition ici n’est pas de venir rajouter des images d’Epinal vantant leur formidable (et bien réelle) contribution au patrimoine immatériel et matériel français. Plus que la mise en avant d’un savoir-faire, c’est la découverte de ces hommes et de ces femmes qui nous intéresse. Avec l’espoir d’accéder à une part de leur vérité intime pour mieux lire et apprécier l’histoire que racontent leurs créations. Et le désir de capturer (un peu, beaucoup…) de la magie de ces moments de partage avec leurs élèves.
Ambitions artistiques
Montage parallèle, faux/vrai ou vrai/faux face-à-face, dialogues interrompus et aussitôt repris… Le maître d’art et son élève parlent d’eux, de l’amour de leurs métiers, de leurs passions, de leurs projets, de leurs rêves… Deux voix distinctes qui finissent par n’en faire qu’une seule, célébrant la magie du partage, le plaisir de la transmission. Souple dans sa structure éditoriale mais aussi dans son approche formelle, chaque « web-portrait » de cette série aura pour objectif de donner à voir, à entendre et à sentir l’univers artistique propre à chaque personne. Un grand soin sera apporté à la qualité des prises de vues et à la captation sonore. L’idée étant de proposer aux internautes une immersion polysensorielle dans ces univers d’exception.In fine, l’objectif est de proposer aux internautes l’accès sur un site unique à cette prestigieuse « galerie de portraits ».
Du point de vue formel, ce projet se compose d’une série de « web-portraits », de cinq à dix selon la faisabilité économique. Assemblage de modules vidéos autonomes et complémentaires, chaque « web-portrait » propose à l’internaute un récit multimédia interactif conçu pour rendre compte de manière ludique et originale des multiples facettes de ces personnalités hors normes.
1) Le concept – Qu’est-ce qu’un web-portrait ?
A la manière d’une œuvre d’art, chaque « web-portrait » est un objet numérique unique. A la manière d’un puzzle ou d’un Rubik’s cube, les modules vidéo qui le compose constituent autant de propositions inédites et de clés d’entrée rendant compte de la personnalité plurielle de la personne « portraitée ». La personne « web-portraitée » choisit sa formule « à la carte », en sélectionnant dans l’offre éditoriale proposée les modules vidéo qui vont composer son « web-portrait ». Elle peut également intervenir sur la forme en choisissant plusieurs options d’interfaces, d’ergonomies et de niveaux d’interactivité. In fine, c’est « l’internaute-spectacteur » qui construira sa propre histoire dans l’arborescence proposée…
Le contenu (contactez-moi en cas d’intérêt pour le concept de web-portrait))….
A suivre…
Arrêt sur Pub – Décryptage ludique de films publicitaires de 1968 à nos jours…

Allez, allez… Contextualisons…
Petit clin d’oeil à mon ami Patrice Duchemin, sociologue de la consommation avec lequel nous avons développé plusieurs projets dont celui-ci.
Le concept
Simples, accessibles et constitutives d’une culture populaire, les images publicitaires ont la capacité de séduire le plus grand nombre par les souvenirs qu’elles suscitent au point parfois de réussir à devenir des référents communs à plusieurs générations. C’est qu’en sous-texte, la publicité nous parle de nous autant que des marques dont elle porte les signes. Nous renseignant sur nos perceptions liées à la consommation, la publicité marque aussi l’évolution de nos imaginaires.Interroger les images véhiculées par la publicité en les replaçant dans un contexte socio-culturel en perpétuel évolution est un exercice aussi instructif que divertissant. Regroupées par thématiques, les images de pub illustrent l’évolution de nos modes de vie et de leurs représentations.Se regarder dans le miroir de la publicité, une manière pour chacun d’entre nous de mieux se (re)connaître ?
la forme
Un programme court de 1’,30’’. Pas de long discours ni d’interviews d’experts… Plutôt une expérience qu’un message… Courte et percutante, la « démonstration » se fait à l’aide d’un montage d’extraits d’archives de pub entrecoupés de cartons de textes et/ou de bancs titres et/ou incrustations de mots clefs.
Identité graphique
Esprit friendly rétro et graphisme moderne. Références : les premiers films de Méliès, les trucages de Jean-Christophe Averty, les cartons noirs et la musique du cinéma muet, la minute nécessaire de Monsieur Cyclopède de Pierre Desproges, les premiers films de Méliès.
le contenu
Le décryptage des archives de la publicité du fonds de l’Ina fait émerger les grandes évolutions socio-culturelles de notre société. Dix évolutions pourraient être particulièrement observées et donner lieu à de multiples sous segmentation à partir de mots clefs.
Moi nous
L’idée que ce que nous faisons chacun à notre niveau a des effets sur le collectif. Nous sommes tous reliés les uns aux autres. Solidarité, respect de la planète…
Multivies
L’idée qu’aujourd’hui celui qui n’a qu’une vie passe à côté de lui-même. Avoir plusieurs vies, c’est se remarier à 40 ans, c’est changer de métier, prendre des cours de théâtre ou d’art appliqué…
La mise en scène de soi
Il ne suffit pas d’être, il faut exister. Se singulariser sans y paraître. D’où l’importance accordée au look. Se faire remarquer tout en signifiant son appartenance à un groupe : là est la difficulté. Etre stylé devient plus important que d’avoir « bon goût ».
La tyrannie du cool
Une posture moderne. Ne pas se montrer affecté ou impliqué mais toujours un peu en spectateur du monde. Une mise à distance ironique entre soi et le réel. Paraître cool mais de façon très calculée.
La people attitude.
L’idée que si je ressemble à un people alors je le suis un peu… De l’importance de l’apparence pour l’être.
Les nouveaux signes de standing
La consommation a toujours été une réponse à la quête de standing. Hier, le standing passait par la voiture et le manteau de fourrure, aujourd’hui par les derniers gadgets électroniques et par les itbags.
La relation filiale
Mère-fille ou père-fils, les relations filiales nous parlent des mutations de notre époque. Les mères qui pensent faire jeunes si elles ressemblent à leurs filles. Les pères qui se projettent dans leur fils.
Le partage émotionnel
Eprouver des émotions, c’est bien ; les partager, c’est encore mieux. Comment les émotions s’exprimaient-elles dans la publicité ?
La conscience verte
Toute notre consommation est aujourd’hui imprégnée de « conscience verte ». Comment l’environnement intervenait-il dans la consommation « avant » ?
Les tribus
Les nouvelles technologies ont favorisé l’apparition de tribus. Comment les tribus étaient-elles représentées avant la diffusion de ces outils de communication ?
Les prisons, une des hontes de notre république…

Allez, allez.. Contextualisons…
Petit clin d’oeil au réalisateur Philippe Pichon avec qui j’ai pris un grand plaisir à travailler sur l’enquête de son film documentaire sur les prisons, une des hontes de notre république… A ses côtés, j’ai beaucoup appris aussi dans la conduite des entretiens notamment avec nos anciens gardes des Sceaux ! Le film a été diffusé le mardi 5 janvier 2010 sur France 5. Bégaiement de l’histoire, la situation a encore empiré depuis…
Ci-dessous la critique plutôt élogieuse de Télérama.
Condamner et enfermer. Surveiller et punir. Le passage par la case prison est-il toujours la réponse la plus adaptée en matière de lutte contre la délinquance ? C’est ce que réfute, de manière très argumentée, ce document, qui assume un parti pris tranché : depuis des décennies, la France fait fausse route. En privilégiant la répression à la prévention et, surtout, en oubliant que la privation de liberté n’a de sens que si l’on en fait quelque chose…
Alors que se profile une nouvelle loi pénitentiaire, Philippe Pichon brosse un état des lieux alarmant du paysage carcéral. Etayé par de nombreux témoignages (ex-gardes des Sceaux, membre de l’Observatoire international des prisons, juge d’application des peine, sociologues, juristes) et replaçant le sujet dans son contexte historique, le film remet en cause les pratiques pénales actuelles, rappelant quelques réalités fondées sur l’expérience : en matière de courtes peines, il est prouvé que l’incarcération systématique engendre un taux de récidive de 65 %. De même, placer les moyens dans la construction de nouvelles prisons, loin de lutter contre la surpopulation, l’entretient à la manière d’un cercle vicieux.
Cette juxtaposition de points de vue pose les limites de la politique sécuritaire et en souligne les ambiguïtés aussi bien philosophiques qu’économiques (le marché des prisons fait l’objet de contrats juteux entre l’Etat et les sociétés privées). Seule réserve : le film ne rentre pas dans les détails de la nouvelle loi pénitentiaire, qu’il évacue un peu rapidement sans en expliquer les enjeux.
Hélène Marzolf – Télérama n° 3129
Au cœur d’un monstre urbain…

Note d’intention
Récit multimédia interactif, ce web-documentaire propose au spectateur/internaute d’entreprendre un voyage sensoriel à l’intérieur d’un monstre urbain. Mégalopole en pleine expansion, l’agglomération de Chongqing symbolise le dynamisme et la métamorphose spectaculaire de la Chine contemporaine. Une ville en mutation, écartelée entre le modernisme de sa ville du bas – ses multiples chantiers, ses quartiers d’affaires et de détente – et sa ville du haut, ilot de résistance où la tradition est encore préservée. Ce face à face tendu est incarné par nos deux personnages Zhen Ma, jeune diplômé en gestion assoiffé de réussite et Li Chuan, étudiant en lettres à l’université de Chongqing passionné de Confucianisme.
Bouleversement des valeurs et des codes sociaux… A l’image de ce monstre urbain tentaculaire, ces deux univers que tout semble opposés vont-ils pouvoir grandir ensemble ? Incarnée dans cette ville jusqu’à la caricature, cette tension entre modernité et tradition n’est-elle pas le reflet de contradictions universelles travaillant nos sociétés occidentales ? Au-delà de leurs différences culturelles, ces jeunes chinois urbains d’aujourd’hui ne vivent-ils pas en accéléré les bouleversements que connaissent nombre de jeunes occidentaux ?
La ville
Ciel blanchâtre, brouillard épais, odeur de soufre, forêts de grues à perte de vue, port industriel où les bateaux chargent et déchargent… Bienvenue à Chongqing !
A l’ouest de la Chine, c’est une des villes les plus polluées de la planète dont le paysage urbain porte les séquelles physiques (ruines, habitations temporaires en préfabriqués, chantiers de reconstruction…) du tremblement de terre de 2009. Surnommée la « Manhattan des montagnes », c’est la ville de tous les excès. Près du gigantesque barrage des Trois-Gorges, celle qui n’était, il y a vingt ans, qu’une ville moyenne de province, est devenue une mégalopole de 32 millions d’habitants dont 11 millions vivent dans le centre urbain qui ne cesse de s’agrandir !
Ancienne capitale du Sechuan située à 1 500 km de Shanghai, sans soleil et sans ciel, Chongqinq apparaît comme un mirage inquiétant. Laissée pour compte par la République Populaire, elle fut, à partir de 1992, propulsée dans un virage économique conquérant… Aujourd’hui, elle s’étend sur 82 300 km2, soit six fois Pékin. D’ici dix ans, les dirigeants du pays promettent d’en faire la petite sœur du miracle économique shanghaien.
Malgré l’émergence d’une petite frange de nouveaux riches, le niveau de vie moyen des habitants de Chongqing reste encore très bas.
Ville du haut
Adossée aux montagnes, la vieille ville avec ses maisons typiques de bois de brique et de bambous lovées contre les falaises domine le centre de Chongging dont les immeubles ultramodernes s’élancent vers le ciel. On y circule en funiculaire, peu en voiture et jamais en vélo, en raison de l’escarpement. On y croise une foule de « bang-bang » men, ces porteurs d’invraisemblables charges en tous genres. Munis de leurs planches de bambou, eux seuls peuvent gravir les innombrables escaliers qui découpent le centre ville en strates.
Ville du bas
Chaque année, la population augmente de 500 000 habitants. Conséquence de ce développement ultra-rapide : le décollage du secteur immobilier. Tout autour du centre-ville qui se transforme à vitesse accélérée, les immeubles se construisent par centaines. Devenue un pôle d’attraction pour les professions de la mode, de l’art et du design, Chongqing a vu se multiplier en peu de temps le nombre de bars et autres établissements de loisirs.
Chongqing est désormais le troisième lieu de production industriel du pays. Le long de la nouvelle Zone Économique Spéciale, au nord de la ville, on peut apercevoir les enseignes de Lexus, Toyota, Volkswagen, Citroën, Isuzu, Honda et Mitsubishi. Toutes les entreprises high-tech sont accueillies à bras ouverts. Une zone spéciale, la « Chongqing High Tech Industrial Developpement Zone », leur est consacrée. Une place particulière y est laissée aux jeunes diplômés chinois qui reviennent après avoir terminé leurs études à l’étranger ; tout est fait pour les inciter à créer leur entreprise de haute technologie.
Les personnages
Rupture générationnelle, éclatement du modèle familial traditionnel, course à la réussite, passage vers un modèle de société consumériste, impact du média Internet… Les jeunes Chinois sont les acteurs de ces bouleversements sociologiques, de cette valse des valeurs et de ce changement de comportements et d’habitudes de vie. À l’image de Chongging, ils opèrent un grand écart entre la tradition dont leurs parents sont encore imprégnés et la modernité vers laquelle la plupart d’entres eux se projettent.
Chacun à leur manière, nos deux personnages principaux incarnent la dualité inscrite dans la ville.
Zhen Ma, « Nuit de Chine… »
Représentant des « nouvelles classes moyennes chinoises » parcourues par ces changements rapides, voici Zhen Ma. Jeune diplômé en gestion, il fait partie de l’équipe d’encadrement d’une usine automobile implantée en grande banlieue. Il travaille dur ! Il commence à 8h00 termine rarement avant 21h00 ! Et ce, 5 jours par semaine ! Il gagne 5000 Yuans par mois dans un pays où le SMIC est à 674 yuans. Le week-end, il doit, parfois, faire des heures supplémentaires chez lui et, surtout, sortir les clients !
Comme la plupart de ses collègues, Zhen Ma est stressé et surmené. Il vit seul dans un appartement d’une des récentes tours érigées dans le « grand centre ». La moitié de son salaire passe dans son loyer. Zhen Ma n’est pas fiancé, mais multiplie les aventures. Il aimerait pouvoir profiter davantage de cette nouvelle société de consommation en plein essor en Chine… Mais la vie reste chère et il doit économiser pour payer son assurance santé, s’offrir une nouvelle moto et aider ses parents. Il aimerait pouvoir voyager, aller à Hongkong et visiter l’Europe… Plus tard, il le fera, avec ses économies.
Zhen Ma est bien conscient des inégalités énormes qui se créent en Chine, conséquences d’un nouveau libéralisme. Et c’est surtout la nuit que ces inégalités lui sautent au yeux. Tous les soirs, il traîne seul en ville ou accompagne des clients dans les bars à Karaoké… Des endroits plutôt chics et très « tendance » ou les jeunes se retrouvent pour boire et chanter.
Dans ses errances nocturnes Zhen Ma est constamment abordé par des prostituées. Des milliers de filles des campagnes, venues travailler, notamment dans ces bars à Karaoké que fréquente Zhen Ma et parfois ses clients, mais aussi dans presque tous les hôtels, les clubs, les saunas, chez les coiffeurs et les salons de thé de Chongging. Il doit aussi faire attention, car une nouvelle délinquance, apparue avec l’accroissement démographique gigantesque de Chongging, rend certains quartiers dangereux, bien que la police – omniprésente – veille.
Li Chuan – « Sur les traces de Confucius »
En contrepoint des valeurs matérialistes qui s’imposent de plus en plus, certains jeunes Chinois aspirent à retrouver des valeurs plus traditionnelles, parfois liées à la spiritualité. De plus en plus en vogue au sein d’une certaine « jeunesse éclairée », le voyage au Tibet symbolise cette aspiration. Étudiant en lettres à l’université de Chongqing, Li Chuan s’intéresse au Confucianisme. Il aime à fréquenter un petit temple bouddhiste en haut de la ville qui respire le calme et la sérénité. A 22 ans, Li Chuan vit chichement à l’université, dans un dortoir qu’il partage avec trois autres camarades. Il étudie près de 60 heures par semaine, et gagne un peu d’argent en donnant des cours particuliers d’anglais et de calligraphie. Il a peu de temps et d’argent pour les distractions, il n’a pas de petite amie. Le samedi soir, il se réunit avec quelques amis et ils marchent dans la ville ou se contentent de boire une bière ou deux dans une chambre du dortoir.
Fils d’une famille d’intellectuels, Li Chuan cherche des réponses aux problèmes du monde moderne dans la Chine ancienne, il s’intéresse à la médecine traditionnelle, à l’art du feng shui, apprécie l’opéra de Pékin… Élevé par ses grands-parents, comme beaucoup de jeunes Chinois, il va souvent les voir dans leur petite ville à quelques heures de bus du centre de Chongqing et il aime se ressourcer à leur contact. Il a le projet d’entreprendre, un jour prochain, un voyage au Tibet pour compléter ses études mais aussi parce qu’il ne sait pas trop quoi penser des questions d’indépendance bien qu’il respecte le Dalaï Lama. Il regrette qu’en Chine le bouddhisme soit devenu plus un instrument politique qu’une spiritualité vivante.
De par son éducation et ses études et, contrairement à une grande majorité de la jeunesse chinoise – les 20/30 ans – il parle avec certains de ses amis des évènements de 1989 et pense même qu’une nouvelle situation comme celle de Tian’anmen pourrait bien se reproduire dans le futur. Pour Li, les tensions dans la société risquent de s’intensifier avec la crise de l’économie mondiale.
L’interface
Constitué d’une série de modules vidéos indépendants les uns des autres, notre Web- documentaire rend compte des multiples facettes de cette ville mégalopole en pleine mutation.
Articulée en 5 chapitres constitué de plusieurs modules, l’interface rend compte de la dualité entre la ville du bas – symbole de la modernité – incarnée par Zhen Ma, et la ville du haut – symbole de la tradition – incarnée par Li Chuan.
Lors du visionnage, l’internaute/spectateur devient acteur en construisant sa propre histoire dans l’arborescence proposée. Il peut choisir parmi plusieurs options de navigations et plusieurs niveaux d’interactivité.
Le monstre
Vue, ouïe, goût, odorat… Divisé en 4 modules, ce chapitre invite le spectateur/internaute à un voyage sensoriel. Chaque module dessine par touches impressionnistes le portrait de la ville.
Echappatoires
Forêts de grues, réseaux inextricables d’échangeurs, chantiers à perte de vue… Jouant sur des effets visuels, ce module sans voix ni commentaires montre les mouvements intérieurs de la ville : ses flux, ses contractions, ses déchirements, ses frontières.
Fantomaton
Sous son brouillard pollué, le « monstre » urbain se réveille. En bas, les voitures roulent sur de larges avenues ; partant ou arrivant au port, les bateaux glissent le long du fleuve Yangtze, couleur de terre. En haut, les ruelles escarpées et les escaliers interminables se perdent dans les hauteurs…
L’art de l’écoute
Jouant sur la richesse d’univers sonores inconnus, ce module ludique invite à découvrir la signature sonore de la ville ; Le jour, la nuit… La ville bruit de mille sonorités. En bas, les cornes de brume guident les cargos à l’entrée du port. En haut, les hommes s’activent… En bas, nous devinons une armée d’hommes casqués, le bruit de bulldozers et de marteaux piqueurs… En haut, bruissent les clochettes d’un temple…
Miam, Miam ?
Jouant sur le goût et l’odorat, ce module invite à rentrer dans le ventre de la ville à la découverte de ses cuisines, ses marchés, ses entrepôts, ses restaurants…
Le traitement
Sur un mode cinématographique, chaque module raconte une petite histoire. La caméra se place résolument du côté des personnages… Elle saisit leur point de vue en accord ou en oppositions avec les autres personnages secondaires qu’ils croiseront, les lieux où ils évolueront. Une caméra discrète filme les scènes de vie, observe les détails du quotidien, ces petites choses qui ajoutées les unes aux autres forgent une vie entière…
Vidéos, images fixes, textes, courtes interviews, design sonore, illustration musicale, intégration « flash »… Mélange des supports et partis pris esthétiques proposent à l’internaute/spectateur d’entreprendre avec nous un voyage sensoriel original.