Benjamin (caractérisation d’un personnage)

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Son caractère

Implacable, froid, fragile, morcelé, enjoué, séducteur, brillant… B est capable de s’adapter à tt les situations… Se revendiquant de W Shakespeare qu’il aime à citer, la vie est une comédie dont nous sommes tous les acteurs. Sincère et brillant dans l’expression de ses sentiments lorsqu’il est « en scène », il passe à autre chose une fois le rideau tiré. Impossible de savoir où réside sa « vérité ».

Toujours dans l’immédiateté, il vit intensément chaque instant sans nécessairement les relier les uns aux autres. Personnage pluriel et démultiplié, il profite de chaque situation pour se réinventer. Sans état d’âme et sans cynisme mais toujours à la première personne. Sa quête ? Chercher à vivre des moments intenses pourvu qu’ils « aient de la gueule » et soient racontables. Pour lui, l’essentiel n’est pas ce qui est vécu mais ce qui peut en être raconté et écrit. La vie ne vaut que par le récit qu’il peut en faire. En tout cas c’est ainsi qu’il se propose au regard des autres.

Affabulateur, conteur, comédien, dandy… B donne toujours aux autres – et aux femmes en particulier – ce qu’il croit qu’elles attendent de lui. Doté d’une remarquable capacité de transformation, il devient avec facilité l’homme de toutes les situations.

Toute situation amoureuse l’impliquant est évaluée avec l’œil du metteur en scène et de l’auteur. En surimpression de son regard intérieur, cette « caméra de surveillance » installe B dans une sorte de dédoublement permanent. Et fécond.

Son métier

Auteur, réalisateur… En complément de ses projets personnels, il écrit des séries grand public, tourne des films de commande et réalise des spots publicitaires.

Son rapport à l’argent

Dénonçant facilement les inégalités engendrées par le système capitaliste et pourfendant volontiers les abus du libéralisme, B est plus cigale que fourmi. En année faste, il peut gagner très correctement sa vie. En année creuse, il dépense presque tout autant, vivant très au-dessus de ses moyens… Endetté auprès de nombreux amis, il envie S et sa réussite financière insolente renforcée, qui plus est, par la protection économique de sa femme qui, outre son salaire très élevé, est à la tête d’un patrimoine familial important fraîchement hérité d’un père riche collectionneur d’art.

Son allure.

Jean, chemise et veste noire… Un costume de marque pour des occasions exceptionnelles… B passe partout.

Il n’est pas le genre d’homme qui impressionne par sa beauté. Il ne pourrait pas draguer en boîte de nuit car son charme n’opère que lorsqu’il prend la parole… Sa prestance, son intelligence, la facilité de son expression orale constituent ses armes de séduction massive.

Ses singularités

Atteint de la maladie de Bouveret, il est sujet à des crises de tachycardie (accélération du rythme cardiaque) surgissant à des moments de stress et d’émotion. La crise peut alors s’accompagner de douleurs thoraciques, de malaises ou d’angoisses. Dans son cas, cela se traduit par des attaques de panique pouvant nécessiter l’intervention du SAMU. Jouant de ce handicap qu’il ne contrôle pas mais qu’il assume avec forfanterie, B s’en servira pour se sortir de situations délicates.

Par ailleurs, B est atteint d’une forme de somnambulisme léger. Certaines nuits, il parle dans son sommeil…

Son profil psychologique

Arnaquer = maitrise des sentiments et des émotions… Posture de toute puissance… jouer avec la vérité/mensonge le réel/la fiction. Est-une manière d’alimenter son symptôme et de demeurer sur un terrain connu en fidélité avec le modèle parental. Et/ou est-ce la volonté d’exorciser et de réparer ?

Son fonctionnement s’apparente t-il à une mécanique de défense ?

Recherche-t-il inconsciemment une forme de souffrance pour vérifier son existence ? Son pari fou s’apparente à une performance artistique qu’il va chercher à prolonger à son maximum. Arsène Lupin des coeurs, il fera tout pour ne pas être découvert. Brillant et affable côté face, B peut être aussi sombre et trouble côté pile.

Son enfance

Son territoire d’origine se situe du côté de l’enfance dont il a gardé l’inconscience et le goût immodéré du jeu. Dès sa prime enfance, le mensonge régnait en maître autour de lui. Coureur de jupons invétéré pétri de valeurs libertaires, son père ne cessait de jurer à sa mère qu’elle était l’unique amour de sa vie ! Ironie du sort, l’amour aura été fatal à son père mort d’un infarctus en plein coït.

Très tôt, B a du apprendre à distinguer le vrai du faux.

A l’inverse des mots qui se lestent dans l’écriture du poids de la pérennité, pour lui, les « mots dits » valent pour eux-mêmes. Dans la même matinée, il peut dire « je t’aime » à deux femmes différentes sans avoir l’impression de mentir. Il lui suffit que les choses soient dites pour qu’elles soient.

 Son rapport aux femmes

L’outil virtuel des rencontres en ligne permet à B de rencontrer des femmes qu’il n’aurait jamais eu l’occasion de croiser dans la vraie vie. Cette découverte de territoires inconnus stimule son imaginaire et renforce la nature de son défi. Dans une forme de surenchère incessante, ses prouesses alimentent son récit en le réinventant en permanence. Rapides, faciles et irréelles, ces rencontres féminines ne sont qu’un prétexte de mise en scène, une occasion pour B de s’immerger dans un substrat fictionnel dont il est l’auteur et l’acteur principal. Contrairement aux adeptes du « poly amour » ayant la franchise de révéler l’existence d’autres partenaires, il ne fera jamais état de ses autres relations « amoureuses ».

Soumis avec l’une, dominateur avec l’autre… Il est toujours désireux de répondre aux fantasmes de ces femmes, de leur donner ce qui est attendu.

Et sa quête ne s’arrête pas à la simple conquête…

A part égale, chacune d’entre elle figure un élément de son puzzle identitaire, de sa construction narrative. A elles toutes, dessinent-elle le visage unique de la femme idéale (sa mère ?) ?

Le seul moment où il se décompose serait celui où il atteint son Nirvana psychologique, cet instant où une femme lui avoue ne jamais avoir vécu si intensément.

 

Son rapport avec son meilleur ami

Leurs rencontres dans un café vont ponctuer le récit. C’est là que B se confie. Plus que son confident, Sylvain fait office de premier public avant d’en devenir le commanditaire.

Au fil du récit, leur rapport va évoluer… Et l’ami se transformera en (meilleur) ennemi… Dans une inversion des trajectoires, le dominant (S) va devenir le dominé. Et c’est à ce moment-là en position de faiblesse et de fragilité (épisode 7 et 8) que S redeviendra (presque) « sympathique ».

Dans un jeu subtil de non dit et de double-jeu, B trouvera les clefs pour manipuler S… et lui laisser croire que c’est lui qui prend les décisions.

B va se servir de cette arnaque pour régler ses comptes personnels avec B qui lui avait fait un mauvais coup il y a qq années en l’évinçant d’une série à succès. Tout en lui accordant ici et là des prêts ponctuels d’argent en le prenant de haut…

 

La transformation du personnage

Rendez-vous, ballades, désirs, moments intimes, tensions, ruptures, retrouvailles… B va vivre multiplié par 5 toute la panoplie de l’intensité amoureuse. Amoureux, vraiment amoureux ? Il sait l’être dans l’instant, pas dans la durée ! Peut-être d’ailleurs n’a-t-il encore jamais ressenti la pathologie amoureuse : le manque, l’addiction, la volonté de possessivité, la jalousie, l’obsession de l’autre, etc…

B ira-il au bout de sa folie en ramenant dans le réel cette accumulation d’histoires initiées dans le virtuel. A la manière d’un funambule, il va tenter de rester en équilibre sur ce fil impossible tendu jusqu’aux promesses ultimes : mariages, promesses d’enfant, fiançailles, rencontres avec les beaux-parents, etc…

A partir du moment où il va choisir de mettre le réel au service de la fiction, il va se livrer à une surenchère pour que le réel soit à la démesure de la fiction.

B va-t-il éprouver la réalité du sentiment amoureux ?

Va-t-il perdre sa légèreté en tombant amoureux ?

Va-t-il en fin se réconcilier avec son vrai moi ?

Va-t-il enfin écrire sa grand oeuvre ?

Va-t-il choisir l’oeuvre ou l’amour ou parviendra-t-il à concilier les deux ?

Personnage difracté, parviendra-t-il à se réunir ?

 

 

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